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martes, 12 de mayo de 2015

source:http://www.mondialisation.ca/

L’effacement de l’histoire

L'art de la guerre

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Le 70° anniversaire de la victoire sur le nazisme, le 9 mai à Moscou, a été boycotté sur la pression de Washington par tous les gouvernants de l’Ue, sauf le président grec, et mis sous le boisseau par les médias occidentaux, dans une tentative grotesque d’effacer l’Histoire. Non sans résultats : en Allemagne, France et Grande-Bretagne il s’avère que 87% des jeunes ignorent le rôle de l’URSS dans la libération de l’Europe du nazisme. Rôle qui fut déterminant pour la victoire de la coalition antinazie. Après l’attaque de l’Urss le 22 juin 1941 par 5,5 millions de soldats, 3500 chars et 5000 avions, l’Allemagne nazie concentra en territoire soviétique 201 divisions, c’est-à-dire 75% de toutes ses troupes, auxquelles s’ajoutaient 37 divisions de ses satellites (parmi lesquels l’Italie). L’URSS demanda sans relâche aux alliés d’ouvrir un second front en Europe, mais les Etats-Unis et la Grande-Bretagne le retardèrent, aux fins de décharger la puissance nazie sur l’URSS pour l’affaiblir et avoir ainsi une position dominante au terme de la guerre. Le second front fut ouvert avec le débarquement anglo-étasunien en Normandie en juin 1944, quand désormais l’Armée rouge et les partisans soviétiques avaient défait les troupes allemandes en assénant le coup décisif à l’Allemagne nazie.
Le prix payé par l’Union Soviétique fut très haut : environ 27 millions de morts, civils pour plus de la moitié, correspondants à 15% de la population (par rapport aux 0,3% des USA dans toute la Seconde guerre mondiale) ; environ 5 millions de déportés en Allemagne ; plus de 1700 villes et bourgs, 70 mille petits villages, 30 mille usines détruites.
On tente aujourd’hui d’effacer cette page fondamentale de l’histoire européenne et mondiale, en mystifiant aussi les événements successifs. La guerre froide, qui divisa à nouveau l’Europe immédiatement après la Seconde guerre mondiale, ne fut pas provoquée par une attitude agressive de l’URSS, mais par le plan de Washington d’imposer la domination étasunienne sur une Europe en grande partie détruite. Ici aussi les faits historiques parlent. Un mois à peine après le bombardement de Hiroshima et Nagasaki, en septembre 1945, on calculait déjà au Pentagone qu’il fallait plus de 200 bombes nucléaires pour attaquer l’URSS. En 1946, quand le discours de Churchill sur le « rideau de fer » ouvrait officiellement la guerre froide, les USA avaient 11 bombes nucléaires, qui en 1949 grimpaient à 235, alors que l’URSS n’en possédait pas encore. Mais en cette année-là l’Urss effectua la première explosion expérimentale, en commençant à construire son propre arsenal nucléaire.
Dans cette même année l’Otan fut fondée à Washington, en fonction anti-soviétique, six ans avant le Pacte de Varsovie constitué en 1955. La guerre froide terminée, à la suite de la dissolution en 1991 du Pacte de Varsovie et de l’Union Soviétique elle-même, l’Otan s’est étendue sur pression de Washington jusqu’à l’intérieur du territoire de l’ex URSS. Et quand la Russie, s’étant reprise de la crise, a reconquis son rôle international en liant des rapports économiques croissants avec l’Ue, le putsch en Ukraine, sous gestion Usa/Otan, a ramené l’Europe dans un climat de guerre froide.
En boycottant dans le sillage des USA le 70° anniversaire de la victoire sur le nazisme, l’Europe occidentale (celle des gouvernements) efface l’histoire de sa propre Résistance, qu’elle trahit en soutenant les nazis arrivés au gouvernement à Kiev. Elle sous-évalue la capacité de la Russie à réagir, quand elle est envoyée dans les cordes. Elle a l’illusion de pouvoir continuer à dicter sa loi, quand la présence à Moscou des plus grands représentants des BRICS, à commencer par la Chine, et de nombreux autres pays confirme que la domination impériale de l’Occident est sur la voie du déclin.
Manlio Dinucci 
Edition de mardi 12 mai 2015 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Manlio Dinucci est géographe et journaliste. Il a une chronique hebdomadaire “L’art de la guerre” au quotidien italien il manifesto. Parmi ses derniers livres:  Geocommunity (en trois tomes) Ed. Zanichelli 2013; Geolaboratorio, Ed. Zanichelli 2014;Se dici guerra…, Ed. Kappa Vu 2014.

lunes, 11 de mayo de 2015

source:http://www.voltairenet.org/

LE SABOTAGE DU CESSEZ-LE-FEU IRANO-ÉTATS-UNIEN

Comment Israël veut relancer la guerre au Levant

Loin de s’avouer perdant, Benjamin Netanyahu envisage de saboter l’accord que Washington et Téhéran doivent signer le 30 juin prochain. Pour cela, il pourrait relancer la guerre en Syrie. Son idée est de poursuivre l’œuvre déjà accomplie par l’Émirat islamique en Irak et en Syrie, en Libye et au Yémen, en appliquant le plan Wright et en créant un pseudo-Kurdistan indépendant à cheval sur l’Irak et la Syrie.
 | DAMAS (SYRIE)  
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Le plan Wright, publié en septembre 2013, modifie les projets de remodelage du Moyen-Orient élargi. Concernant la Syrie et l’Irak, il prévoit la création d’un Sunnistan et d’un Kurdistan. Le premier État a été créé en 2014 par l’Émirat islamique (Daesh), le second reste à réaliser. Cependant, les Kurdes sont minoritaires au Nord de la Syrie. Par ailleurs, le plan Wright traite aussi de la Libye, du Yémen et de l’Arabie saoudite. Il semble en cours de réalisation dans les deux premiers États, toujours grâce à l’Émirat islamique.
De manière à saboter l’accord qui devrait être signé par Washington et Téhéran le 30 juin, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a préparé une relance de la guerre contre la Syrie.
Après la tentative des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni de placer les Frères musulmans au pouvoir (de février 2011 à la première conférence de Genève en juin 2012), la guerre de mercenaires (de la Conférence de Paris des Amis de la Syrie en juillet 2012 à la seconde Conférence de Genève en janvier 2014), et la tentative d’installation du chaos par l’Émirat islamique (de juin 2014 à aujourd’hui), Israël se propose de lancer une quatrième guerre.
Il s’agirait de poursuivre l’application du plan élaboré par Robin Wright pour le Pentagone —publié en septembre 2013 par le New York Times— en créant un Kurdistan indépendant à cheval sur l’Irak et la Syrie [1].
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Le général David Petraeus (ancien commandant du CentCom et directeur de la CIA) a participé en mars 2015 à un colloque à Erbil. Il a déclaré que les crimes de l’Émirat islamique ne menaçaient ni les États-Unis, ni Israël, et a appelé à lutter par tous les moyens contre l’influence iranienne et le projet d’accord Washington-Téhéran.

Qui sont les Kurdes ?

Le peuple kurde est présent en Turquie, en Iran, en Irak et en Syrie, mais ne dispose plus d’État depuis les échecs de la République d’Ararat (1927-30) et de la République de Mahabad (1946-47). Les Kurdes se répartissent d’abord en Turquie (13 à 20 millions), puis en Iran (5 à 6 millions), en Irak (4 à 5 millions) et enfin en Syrie (3 millions).
- Après que certains d’entre eux ont participé au génocide des chrétiens et des yézidis, les Kurdes de Turquie ont été persécutés à leur tour durant un siècle au nom du panturkisme. Durant la période 1984-2000, la répression de l’insurrection du PKK a fait au moins 40 000 morts.
- Les Kurdes d’Iran disposent d’une certaine autonomie, mais sont économiquement délaissés par Téhéran.
- Les Kurdes d’Irak sont liés à l’Otan depuis le début de la Guerre froide, d’abord en servant Saddam Hussein et en luttant contre la Révolution khomeiniste, puis contre Saddam Hussein lorsque l’Otan décida de s’en débarrasser. Ils disposent actuellement d’une autonomie régionale et entretiennent des ambassades à l’étranger.
- Les Kurdes sont arrivés en Syrie pour fuir les persécutions turques, d’abord durant la période de Mustafa Kemal Atatürk, puis il y a 30 ans durant l’insurrection du PKK. Ceux qui n’avaient pas été naturalisés l’ont été par le président Bachar el-Assad au début de la guerre et ont conclu un accord avec Damas qui leur fournit des armes pour défendre leur région.
Les Kurdes sont un peuple divers avec de très fortes tensions internes. Ils ne parlent pas la même langue, ont des religions différentes même s’ils sont principalement sunnites, et se rattachent à des mouvements politiques antagonistes. Depuis la Guerre froide, ils sont divisés entre pro-US (la famille Barzani aujourd’hui au pouvoir dans une région d’Irak) et pro-Soviétiques (Öcallan enlevé par les Israéliens en 1999 pour le compte de la Turquie et emprisonné depuis).
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De gauche à droite : Meir Amit (directeur du Mossad), Moshe Dayan (ministre israélien de la Défense) et leur agent Molla Mustafa Barzani (père de l’actuel président Masoud Barzani).

Le Kurdistan irakien : mafia et Mossad

Compte tenu du rôle d’Israël au sein de l’impérialisme anglo-saxon, la famille Barzani —qui était originellement socialiste— a rejoint le Mossad dans les années 60 qui l’instrumenta contre le Baas irakien [2]. Très mal considéré par les Kurdes de Turquie, d’Iran et de Syrie, l’actuel président Massoud Barzani est probablement également membre du Mossad. Il est parvenu à établir une certaine prospérité au Kurdistan irakien grâce aux investissements israéliens, puis à instaurer un régime clanique.
Le président Barzani se maintient au pouvoir alors que son mandat est terminé depuis presque deux ans ; une situation non-démocratique qui ne semble pas plus gêner Washington que celle de Mahmoud Abbas (Palestine) ou d’Abd Rabbuh Mansur Hadi (Yémen). Son gouvernement se vautre dans le népotisme et la corruption. Son clan occupe les principaux postes à responsabilité, à commencer par celui de Premier ministre réservé à son neveu Nechervan Barzani, et cumule 15 milliardaires en dollars et des milliers de millionnaires sans parvenir à expliquer l’origine de leur fortune. Les avocats ont été les premiers réprimés avec la condamnation de Me Kamal Qadir à 30 ans d’emprisonnement pour avoir critiqué le président Barzani. La liberté de la presse n’est plus que théorique depuis 2010, après l’enlèvement et l’assassinat du journaliste kurde Sardasht Osman, coupable d’avoir caricaturé le président. Le Gouvernement régional est en faillite et ne paie plus une grande partie de ses fonctionnaires depuis plusieurs mois.
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Fils de l’actuel président Barzani, Masrour « Jomaa » Barzani a poursuivi ses études en Iran, au Royaume-uni et aux États-Unis. Il revient, en 1998, sous protection anglo-saxonne, en Irak, dans la « Zone de non-survol », et prend des responsabilités dans le parti familial, le PDK. Il devient rapidement l’agent de liaison entre la famille et la CIA. En octobre 2010, il acquiert le Château Noble, à quelques kilomètres du siège de l’Agence à Langley, pour 10 millions de dollars. Il créé et dirige « Bas News », le principal journal kurde irakien et supervise l’ensemble des services secrets kurdes irakiens. C’est à ce titre qu’il a participé aux réunions secrète d’Amman (mai 2014) et a coorganisé l’offensive conjointe de l’Émirat islamique et des Peshmergas contre Bagdad.

Le Kurdistan irakien et le projet d’annexion du Nord de la Syrie

En 2014, le Gouvernement régional du Kurdistan participa au complot visant à réaliser le remodelage de l’Irak et de la Syrie conformément au Plan Wright. Il participa à diverses réunions à Amman avec les services secrets jordaniens, les leaders de l’Émirat islamique, les leaders de groupes armés en Syrie et les Naqchbandis irakiens [3]. Il fut convenu sous l’égide de Washington et de Tel-Aviv que l’Émirat islamique et le Gouvernement régional du Kurdistan lanceraient une attaque coordonnée pour s’emparer d’une grande partie de l’Irak. Alors que la presse internationale dénonçait les exactions de l’Émirat islamique en Irak, les Kurdes de Barzani s’emparaient des champs pétroliers de Kirkouk et étendaient leur territoire de 40 %.
Par la suite, alors que de nombreux États qui soutenaient secrètement cette opération dénonçaient publiquement les crimes contre l’humanité et les pillages de l’Émirat islamique, le Gouvernement régional du Kurdistan mettait le pipe-line qu’il venait de voler au service des jihadistes pour vendre aux Européens le pétrole qu’ils pillaient.
Toute contestation de l’alliance entre le Gouvernement régional kurde et l’Émirat islamique est sévèrement réprimée. Ainsi, Hayder Shesho, leader yézidi qui l’avait dénoncé, a-t-il été arrêté le 7 avril, bien qu’il ait la double nationalité allemande.
Dans les années 2000, l’état-major israélien prévoyait de neutraliser les capacités de missiles de l’Égypte et de la Syrie en plaçant ses propres missiles au Sud-Soudan et au Kurdistan irakien. Si la première région est parvenue à l’indépendance, la seconde ne l’est toujours pas. Le plan Wright offre à la fois une occasion de réaliser cet objectif stratégique et de semer la pagaille. Pour saboter l’accord que Washington et Téhéran doivent signer le 30 juin, Benjamin Netanyahu a prévu de lancer les Peshmergas (c’est-à-dire les soldats des Barzanis) à l’assaut du Nord de la Syrie. Pourtant les Kurdes de Syrie sont hostiles à la mafia des Barzani et ont toujours été minoritaires dans cette région.
Depuis plusieurs mois, une campagne mensongère de presse attribue aux Pershmergas les faits d’armes des Kurdes turcs du PKK contre l’Émirat islamique, par exemple lors de la bataille de Kobané. Les États occidentaux, à commencer par la France, envoient des armes directement à Erbil, sans passer par Bagdad, en violation de la souveraineté irakienne. Ces armes ne sont pas utilisées, mais stockées en prévision de l’attaque du Nord de la Syrie.
Au Congrès des États-Unis, Edward Royce et Eliot Engel, deux parlementaires relayant traditionnellement les intérêts du Likoud israélien, ont déposé en novembre 2014 une proposition de loi [4] autorisant la livraison d’armes directement au Gouvernement régional kurde d’Irak. Ce texte n’ayant pas été adopté, ces dispositions ont été incluses dans la loi de finance de la Défense par le président de la Commission des Forces armées, Mac Thornberry, avec d’autres visant à renforcer simultanément l’aide militaire aux groupes luttant contre la République arabe syrienne. Si elle était adoptée par les deux chambres, cette proposition priverait Bagdad de tout pouvoir en dehors de la zone chiite d’Irak et ouvrirait la voie à la fois au démantèlement du pays et à une quatrième guerre en Syrie. La plupart des politiciens irakiens qui s’expriment publiquement ont mit en garde contre le danger d’une telle politique. Le leader chiite Moqtada el-Sadr (l’ancien commandant de l’Armée du Mahdi) a, quant à lui, déclaré que si cette loi était adoptée, il considérerait à nouveau les États-uniens comme des ennemis de la Patrie et ferait aussi bien la guerre aux 3 000 conseillers militaires en Irak qu’aux intérêts US à l’étranger.
Le président Obama et le vice-président Biden ont durement indiqué au président Barzani, le 5 mai à la Maison-Blanche, qu’ils ne laisseraient pas faire les Israéliens et ont sommé les Kurdes d’Irak de se tenir tranquilles. Cependant, au Kurdistan irakien, la presse prétend au contraire que le président Obama a chaleureusement accueilli la délégation et s’est engagé à soutenir un « Kurdistan » indépendant, obligeant le secrétaire à la Défense, Ashton Carter, à mettre publiquement les points sur les i.
Le nouveau gouvernement israélien, formé le 7 mai par Benjamin Netanyahu, tente d’unifier les jihadistes du Nord de la Syrie. Il s’agit de coordonner leur déplacement vers Damas lorsque les Kurdes irakiens entreront en Syrie pour y massacrer les Kurdes du PYG (la branche locale du PKK turc qui soutient la République arabe syrienne) et annexer leur territoire.
Le président Erdoğan, considérant que la création d’un « Kurdistan » indépendant à cheval sur l’Irak et la Syrie ranimerait le conflit kurde dans son pays, a dénoncé ce projet comme une étape vers la destruction de la Turquie. En cas d’offensive kurdo-irakienne en Syrie, il pourrait instantanément basculer du côté de Damas.
À n’en pas douter, le projet israélien sera débattu (avec la création d’une Otan arabe sous commandement israélien) lors de la prochaine session du Conseil de coopération du Golfe que le président Obama —qui n’en est pas membre— a convoqué à Camp David.

viernes, 8 de mayo de 2015

source:http://www.combat-monsanto.org/

L’Europe autorise une dizaine d’OGM de Monsanto
Par L’Express.fr avec AFP, publié le 24/04/2015 à 13:50 , mis à jour à 14:23
L’Union européenne a donné le feu vert à la commercialisation de 19 OGM, dont 11 de l’américain Monsanto. Une réforme prévoit que chaque Etat membre pourra individuellement les bannir.
Tapis rouge pour Monsanto. L’Union européenne a autorisé vendredi l’importation et la commercialisation de 19 OGM, deux jours après avoir proposé aux Etats membres une réforme leur permettant d’interdire leur utilisation sur leur territoire.
Onze produits de la multinationale américaine Monsanto (soja, maïs, colza et coton) figurent au nombre des OGM autorisés, a précisé la Commission européenne dans un communiqué. Les huit autres sont des produits de la firme américaine Dupont et des groupes allemands Bayer et BASF. Dix-sept de ces OGM sont destinés à l’alimentation animale et humaine, deux sont des fleurs coupées. Pas de majorité pour ou contre
Ces autorisations "étaient en suspens", car les Etats membres ne sont pas parvenus à constituer une majorité pour ou contre leur commercialisation. L’autorisation est immédiate et vaut pour dix ans.
Si les gouvernements européens approuvent la réforme présentée mercredi, ils pourront interdire l’utilisation des OGM sur leur territoire. Dans le cas contraire, les règles applicables seront celles qui ont conduit la Commission européenne à autoriser la commercialisation des OGM ne présentant aucun risque pour la santé animale et humaine dans l’ensemble de l’UE, solution réclamée par les grands groupes.
Greenpeace a accusé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, "de ne pas avoir l’intention de rapprocher l’Europe des citoyens, comme il l’a promis, et d’agir en faveur des intérêts des Etats-Unis et de Monsanto".




entrevista traducida al español de Chomsky

miércoles, 6 de mayo de 2015

source:http://lesmoutonsenrages.fr/

Accueil » Écologie, environnement et animauxMédical et alimentation » Néonicotinoïdes : toute la biodiversité est touchée

Néonicotinoïdes : toute la biodiversité est touchée

arton7362_afdcc© Red !
Deux études scientifiques viennent de démontrer la nocivité des néonicotinoïdes sur les abeilles, alors que les ruches connaissent ce printemps une mortalité impressionnante. Quels sont ces produits au nom compliqué ? Des insecticides nouvelle génération. Enquête sur ces molécules dangereuses qui continuent à être déversées dans la nature.
Bambi, Equinoxe, Cruiser, Gaucho, Poncho, Confidor, Proteus : autant de produits phytosanitaires comprenant des molécules néonicotinoïdes aux noms tout aussi barbares (acétamipride, clothianidine, dinoturéfane, imidaclopride, nitempyrane, thiaclopride et thiaméthoxane). Ils visent à éliminer des insectes dits « ravageurs » qui menacent les cultures agricoles. Inodores, insipides, invisibles, on en retrouve un peu partout dans la nature, et dans nos assiettes à faible dose.
Ces sept molécules néonicotinoïdes entrent aujourd’hui dans la composition d’une dizaine d’insecticides, eux-mêmes dérivés en plusieurs formulations. Ces molécules agissent sur le système nerveux des invertébrés et entraînent leur paralysie jusqu’à la mort. La première d’entre elles a été découverte au début des années 1990 et la mise sur le marché a commencé en 1994. Depuis, elles ont rencontré un fort succès, au point de représenter aujourd’hui plus de 40 % des insecticides vendus dans le monde chaque année.

Des insecticides qui pénètrent dans les plantes et agissent de l’intérieur
Pourquoi cet engouement ? Principalement en raison du mode d’utilisation des néonicotinoïdes. Ils ont la particularité d’être ce qu’on appelle des insecticides systémiques : une fois appliqués sur les cultures, ils pénètrent dans les plantes et en rendent toxique (« protègent » disent les fabricants) la totalité, pendant toute leur durée de vie.
Il existe quatre principales méthodes d’application de ces produits : « Enrobage de semences, traitement aérien, traitement des sols et injection dans les troncs », nous explique Jean-Marc Bonmatin, chercheur en biophysique moléculaire au CNRS. La plus courante, l’enrobage, consiste à… eh oui, enrober les graines d’insecticide avant de les semer en plein champ. Ainsi, pendant tout son développement, la plante absorbe ces molécules par ses racines et les transporte dans sa sève, si bien qu’elles imprègnent bientôt tout son organisme. Les insectes ravageurs qui passeraient par là, quelle que soit la partie de la plante qu’ils grignotent, sont intoxiqués et tués.
Résultat : les cultures sont « protégées » une fois pour toutes. L’enrobage permet même un traitement à la fois préventif et ne demandant pas de travail supplémentaire. Plus besoin pour les agriculteurs de surveiller l’arrivée de ravageurs dans leurs champs, plus besoin de faire des passages pour pulvériser les insecticides plusieurs fois sur une même culture selon les risques en présence.
« En fonction de l’état actuel de la science », les néonicotinoïdes ne menacent pas la biodiversité
Par ailleurs, les néonicotinoïdes sont nocifs même à des quantités très faibles. Par exemple, le thiaméthoxame, l’imidaclopride et la clothianidine sont respectivement 5 400, 7 300 et 10 800 fois plus toxiques que le DDT (insecticide très utilisé entre les années 1940 et 1970) à doses égales. Une cinquantaine de grammes de clothianidine suffit par exemple pour traiter un hectare entier.
Action systémique, forte toxicité et usage à faible dose, usage préventif avec l’enrobage : l’intérêt des agriculteurs pour ces produits se comprend. Vive le progrès scientifique serait-on tenté de dire ! Les néonicotinoïdes, leaders des insecticides, « protègent » à la fois les céréales, légumes, arbres fruitiers, mais aussi les charpentes contre les termites, les animaux de ferme et les animaux domestiques contre les puces. Un sacré marché.
Pourtant, les laboratoires ne semblent pas se vanter de l’efficacité de leurs néonicotinoïdes. Peut-être afin de ne pas éveiller le doute sur leur spécificité et leurs éventuels inconvénients. Eugénia Pommaret de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), une organisation regroupant les laboratoires qui commercialisent des produits phytosanitaires (Bayer CropScience, BASF, DuPont, Syngenta…), ne fait pas de hiérarchie : « Les différents produits sont adaptés à certains stades et certains ravageurs. Les néonicotinoïdes permettent de diversifier les modes d’action. » Mais pourquoi alors sont-ils les insecticides les plus vendus dans le monde ?
Par ailleurs, Eugénia Pommaret défend leur spécificité d’action :
« Chaque produit a dû passer par l’autorisation de mise sur le marché de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) qui évalue le rapport entre l’efficacité et l’innocuité ainsi que les conditions d’emploi, de manière à maîtriser les risques en fonction des ravageurs et de la phase de culture durant laquelle il est utilisé ». Si on la suit, « les critères européens permettent de maîtriser les risques, en fonction de l’état actuel de la science ».
Les études décisives publiées par « Nature »
Ça n’est pas l’avis de tout le monde. Les apiculteurs ont été les premiers à s’inquiéter de l’arrivée des néonicotinoïdes. Et cela dès 1995, selon le porte-parole de l’Union national des apiculteurs français (UNAF), Henri Clément :
« Sur les miellés de tournesol, dont la production était très régulière à l’époque, on a eu une chute brutale de 50 % de la production et une explosion de la mortalité hivernale. Ces changements ont été observés dans les zones où les néonicotinoïdes étaient utilisés sur le tournesol et le maïs notamment. »
En ce printemps 2015, les apiculteurs constatent une fois de plus d’énormes pertes dans leurs ruches : 50 % à 60 % des populations seraient mortes pendant l’hiver, selon les premières enquêtes. Au même moment, la revue Nature publie deux articles sur les néonicotinoïdes dans sa livraison du 23 avril. La première montre que les abeilles ne sont pas repoussées par les fleurs imbibées de ces pesticides. En laboratoire, elles ont même tendance à consommer les solutions sucrées (semblables au nectar des fleurs) qui contiennent des néonicotinoïdes, plutôt que celles qui n’en ont pas. La seconde établit que les néonicotinoïdes font baisser les populations d’abeilles, entravent la croissance et la reproduction des colonies.
Mais le rôle des néonicotinoïdes dans la forte mortalité des abeilles demeure controversé. Le laboratoire Syngenta assure par exemple (sur son site) que les cultures qui n’offrent ni pollen ni nectar aux abeilles peuvent être traitées sans danger, et que pour les autres (les plantes mellifères) la quantité d’insecticide dans les parties consommées par les abeilles est trop faible pour leur causer du mal. Quant à Bayer, il se défend en expliquant que ses molécules ne font aucun tort aux abeilles quand elles sont utilisées « correctement et avec responsabilité » et qu’il faut s’intéresser aux autres causes de mortalité.
Comment faire la part entre les causes « naturelles », les néonicotinoïdes, et les autres pesticides dans l’hécatombe d’abeilles ? « Il est impossible de déterminer la part de chacun des facteurs », répond Jean-Marc Bonmatin. Selon lui, les trois principaux sontles parasites varroas, les maladies et les pesticides (insecticides et fongicides). « La plupart du temps, ces facteurs agissent ensemble en interaction. Le principal étant selon moi les insecticides. En effet, soumis aux pesticides, les abeilles sont bien plus sujettes aux infections et supportent moins bien leurs parasites varroas. »
Même Eugénia Pommaret admet que les insecticides peuvent jouer un rôle : « C’est une question multifactorielle, y compris avec des effets non maîtrisés des phytosanitaires. Mais je pense qu’on les met trop en avant par rapport au reste. Il y a aussi des problèmes dans des zones sans agriculture, et certaines choses restent inexpliquées. »
Toute la biodiversité est touchée
« Les abeilles sont la partie visible, et les apiculteurs sont très attentifs », explique Jean-Marc Bonmatin, parce qu’ils ont là un intérêt commercial réel. « Avant 1995, on produisait encore 32 à 33 000 tonnes de miel par an. Ça a été le début du déclin, jusqu’à 10 000 tonnes en 2014 », raconte Henri Clément de l’UNAF. On imagine les pertes en termes de chiffre d’affaire et d’emploi, qui se poursuivent aujourd’hui. « Et puis les abeilles sont connues du grand public, et la production de miel a un côté sympathique, de proximité », ajoute-t-il.
Cela dit, elles ne doivent pas être l’insecte qui cache la biodiversité. « Ce qu’on voit pour les abeilles est généralisable à tous les pollinisateurs », explique Jean-Mars Bonmatin. « Par ailleurs, il y a de moins en moins d’oiseaux, car ceux-ci ont de moins en moins d’insectes à manger ». Bonmatin fait partie d’une équipe de chercheurs, la « Task force on systemic pesticides », qui a effectué une revue exhaustive de la littérature scientifique sur le sujet pendant quatre ans. Leurs conclusions : « Les néonicotinoïdes affectent les abeillesainsi que tous les invertébrés terrestres et aquatiques, qui sont la base de la chaîne alimentaire ».
« Ces produits toxiques sont lessivés par l’eau en raison de leur solubilité, et se retrouvent dans toute la biodiversité. Ils représentent donc une menace systémique, et on court à la catastrophe », nous explique le chercheur. D’après lui, seulement 5 % du produit enrobant les semences est intégré par la plante. Le reste ? Il se dépose sur le sol, puis est entraîné par l’eau vers le sous-sol ou les terres alentours. De plus, les molécules ont une durée de vie importante : la moitié de l’imidaclopride appliquée est toujours présente neuf mois plus tard. Dans le cas d’une rotation des cultures d’une année sur l’autre, les nouvelles cultures seront donc contaminées par l’insecticide ; si des semences enrobées de néonicotinoïdes sont réutilisées, la quantité de produit dans les sols s’accumulera.
Comble de toute cette affaire, d’après Jean-Marc Bonmatin, il semblerait que les ravageurs se soient mis à résister : « Il y a une sélection naturelle, comme avec les antibiotiques. C’est dans la nature des ravageurs d’avoir des transformations génétiques très rapides, et donc de développer des résistances. » Eugénia Pommaret réfute cette possibilité : « Il faut avoir une palette de produits, 3 à 4 espèces chimiques différentes pour éviter les résistances, et faire face à d’éventuelles restrictions d’usage. » Mais les agriculteurs respectent-ils ces consignes ? Appliquent-ils « 3 à 4 » pesticides différents afin d’éviter les résistances ? Et même s’ils le faisaient, des ravageurs résistants à tous ces produits ne pourraient-ils pas se développer ?
Et nous dans tout ça ?
Par curiosité, nous avons jeté un œil sur la notice d’utilisation d’un de ces produits, le Proteus commercialisé par Bayer et contenant du thiaclopride. Il est étonnant de constater le nombre d’indications présentes, certaines pour encadrer l’usage des produits (pour telle culture, tel ravageur, utiliser telle dose tant de fois), d’autres pour prévenir les accidents (contact avec le corps humain, élimination des résidus de produit). Une chose est sûre, le produit à haute dose est extrêmement dangereux : « Nocif en cas d’ingestion, susceptible de provoquer le cancer », peut-on lire. Et particulièrement pour la biodiversité aquatique : « Très toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets néfastes à long terme ».
Article complet sur Reporterre via Sott.net